[MAROC] L’Économie Bleu, le nouveau challenge

La Cinquième édition du forum de la mer qui s’est tenue du 03 au 07 Mai 2017 à El Jadida, a suscité l’intérêt d’un large public. Effectivement, la thématique de cette année, « Pour une croissance bleue », revêt une grande importance aux yeux du plus grand nombre particulièrement quand on connaît le poids économique et social que représentent les océans et les mers.

Ils recouvrent 71% de la surface de la terre et contiennent 98% des ressources hydriques. Ce qui fait l’intérêt d’un tel forum, c’est son ouverture sur toutes les parties prenantes (gouvernement, autorités locales, experts nationaux et internationaux, universitaires,…) ainsi que ses nombreuses activités ludiques et éducatives. Organisé par le social entrepreneur Mehdi Alaoui Mdaghri, l’évènement a attiré des sommités du secteur maritime.
Francis Vallat, armateur de métier, Serge Segura, ambassadeur du quai d’Orsay chargé des océans, Yuvan Beejadhur, ex-chargé de l’économie bleue à la Banque mondiale, Driss Benabad, directeur technique de la Société d’aménagement du port de Tanger, armateurs, journalistes spécialisés, biologistes, instances gouvernementales, nombreux sont ceux qui ont fait le déplacement à El Jadida.
L’économie bleue était justement sur toutes les lèvres. Elle concerne toutes les étendues d’eau et les rives, qu’il s’agisse des océans et des mers, des côtes, des lacs, des cours d’eau et des nappes souterraines. « L’Afrique a été victime d’une approche post-coloniale du développement. Ce n’était pas toujours des situations win-win », explique Beejadhur. « Je peux le dire car maintenant je ne suis plus à la Banque mondiale. Les Africains ont fait des erreurs. L’erreur de vouloir calquer les modèles de pays développés, pas forcément adaptés. Il faut que l’Afrique trouve son modèle », continue-t-il.
L’économie bleue implique une série d’activités économiques telles que la pêche, l’aquaculture, le tourisme, les transports, la construction navale, l’énergie, la bioprospection et toutes les filières du secteur minier sous-marin. Ces éléments fournissent un tremplin pour une croissance bleue, l’objectif étant de mobiliser le potentiel inexploité des océans, des mers et des côtes en faveur de l’emploi et de la croissance.
« La mer est une infrastructure essentielle du XXIe siècle. Sans la mer, il n’y a pas de mondialisation ; elle permet le transport de 80% des marchandises, soit plus de 10 milliards de tonnes/an », explique Dr Amina Benkhadra, DG de l’Onhym (Office national des hydrocarbures et des mines). L’économie maritime représentait un montant annuel d’environ 1.500 milliards d’euros à l’échelle mondiale en 2010, au deuxième rang derrière l’agroalimentaire.
La quasi-totalité des marchés de l’économie maritime sont en croissance et son poids économique devrait atteindre 2.550 milliards d’euros en 2020. La mer est aussi indissociable du tourisme qui génère un chiffre d’affaires de 1.245 milliards de dollars, et représente au total 9% du PIB mondial.
L’économie bleue est portée aujourd’hui par des secteurs dits traditionnels qui sont la pêche, le transport maritime, les ports, la construction navale, la plaisance et les services maritimes. Si les océans étaient une économie nationale, ils seraient la 7e puissance mondiale, avec une valeur estimée de 24 trillions de dollars et générant 2,5 trillions de PIB/an. « Le futur de la Terre, c’est la mer », conclut l’armateur français Francis Vallat.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins