LA DÉCOUVERTE PÉTROLIÈRE AU SÉNÉGAL SELON LE PREMIER MINISTRE

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Notre pays bénéficie par la grâce de Dieu d’un potentiel en hydrocarbures dans notre bassin sédimentaire onshore et offshore. Il s’est doté en conséquence d’un dispositif juridique rigoureux et performant qui traverse le temps : il s’agit de la Loi 98-05 du 8 janvier 1998 portant code pétrolier, qui définit les conditions d’exploration, de développement et d’exploitation des hydrocarbures.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la recherche pétrolière est bien souvent une opération onéreuse pour des Etats encore en construction comme le notre.

La recherche pétrolière est en effet un métier. On n’est pas dans les assurances, la banque ou l’information elle est le fait d’acteurs privés spécialisés, qui parce qu’ils prennent le risque d’investir dans des opérations pouvant s’avérer infructueuses, bénéficient de mesures pour stimuler l’exploration des hydrocarbures, puis le développement et l’exploitation desdites ressources une fois découvertes.

Il faut noter que :

le coût journalier d’un appareil de forage offshore : +1 million USD (soit 500 millions FCFA) ;
le coût d’un forage : entre 20 et 100 millions USD (soit entre 100 et 50 milliards FCFA) ;
le taux normal de succès d’un puits : entre 10 et 15%
Au regard de ces coûts et de ces risques élevés, pour créer les conditions au développement du potentiel en hydrocarbures sur le territoire national, le code pétrolier a prévu de créer des dispositions attrayantes, susceptibles de favoriser le développement des investissements privés pour l’exploration et le développement.

Un petit rappel historique permet de noter que jusqu’en 1961, les découvertes se résumaient globalement :

  • à des indices de bitume, d’huile et de gaz dans des puits et des forages d’eau dans l’ancienne région du Cap-Vert.
  • à la découverte en 1967 de pétrole lourd (1 milliard de barils) dans le Dôme Flore dont la gestion est confiée à l’AGC Sénégal - Guinée Bissau, de gaz naturel pour 235 millions m3 à Diamniadio, et 300 millions m3 de gaz naturel Gadiaga, utilisés pour produire de l’électricité et 100.000 barils de condensats et pétrole léger utilisés par la SAR

C’est au cours des ces trois dernières années, sous le magistère du Président Macky Sall, les oulofs diraient "Tomber Waral aay gaaf" que des découvertes importantes ont été faites :

  • en 2014 : 473 millions de barils de pétrole dans le Sangomar offshore Profond ;
  • en 2015 : découverte de gaz naturel (17 à 20 TCF, soit près de 500 milliards de m3), dans le Saint-Louis offshore profond ;
  • en 2016 : découverte de gaz naturel (5 TCF soit 140 milliards m3) dans le Cayar offshore profond.
  • De 1952 à 2014, plus de 20 compagnies pétrolières s’y sont essayées dont Shell, Exxon, Tullow, Vanco Energy, Hunt, Cairn etc.. ont mené des travaux d’exploration dans le bassin sédimentaire, sans succès.

Durant cette période, près de 168 forages réalisés dont 160 puits secs et plus de 500 milliards FCFA ont été investis avec peu de succès. Beaucoup de ces compagnies pétrolières qui ont investi à perte, ont quitté le Sénégal à la fin de leur contrat (Exemple SHELL, Tullow, Hunt etc).

Ainsi, à cause des résultats peu encourageants, l’Etat n’avait jugé utile de demander aux operateurs des bonus de signature.

C’est seulement en octobre 2012 sous le Président Macky Sall, quand le prix du baril avait dépassé le seuil fatidique de 100$ que l’Etat a exigé le versement de bonus de signature symbolique (500.000 $US, payable une seule fois). Ces ressources sont versées à PETROSEN qui les gère pour le compte de l’Etat.

Dans la phase exploration, les recettes de l’Etat demeurent insignifiantes et se résument aux :

  • Taxes de surface : 5 à 15$/km²/an ;
  • frais de formation et de promotion du bassin : 300.000 $US/an ;
  • bonus de signature symbolique : 500.000 $US, payable une seule fois ;
  • Fonds sociaux : 150.000 $US/an.

La nouveauté dans le code pétrolier adopté par l’Assemblée nationale du Sénégal en 1998, aura été l’accent mis sur l’engagement de travaux des opérateurs sur les permis de recherche à eux attribués.

C’est pourquoi il nous faut être modeste. Avant nous, des générations de cadres ont construit ce pays.

Désormais, le législateur fait obligation à tout détenteur de permis de réaliser un certain nombre de travaux. Chaque engagement de travaux est assorti d’un engagement financier qui, au demeurant, constitue une pénalité que la compagnie devrait payer à l’Etat si son engagement n’est pas respecté.

En fin 2015, 14 contrats étaient en cours de validité. Pour non-respect des engagements de travaux, le Gouvernement a annulé 3 contrats :

  • le contrat Rufisque Profond détenu par African Petroleum ; que détenait depuis plusieurs années Franck Timis
  • le contrat Sénégal Sud Offshore peu Profond détenu par Elenilto ; et
  • le contrat Diourbel détenu par AZ Petroleum.

Cela me permet maintenant d’aborder la situation des blocs de Saint-Louis offshore Profond et Cayar offshore Profond qui sont opérés aujourd’hui par KOSMOS ENERGY.

Pour rappel :

Le bloc Saint-Louis Offshore profond contient des réserves de gaz naturel estimées à près de 500 milliards de m3, dont la production est attendue vers 2021.
Le bloc Cayar offshore Profond, les réserves de gaz naturel sont estimées à 140 milliards de m3.

La recherche dans ces deux blocs a commencé avec la Société Africaine de Pétrole (Elf) vers 1967. Elle s’est poursuivie avec les compagnies Shell, Husky, Shell de nouveau, Vanco Energy et Kampac Oil.

C’est le 8 décembre 2011, qu’un Mémorandum d’Entente a été signé entre PETRO-TIM Limited (filiale du groupe chinois PETROASIA) et PETROSEN, pour l’exploration de ces blocs.

Le 17 janvier 2012, le contrat PETRO-TIM LTD - PETROSEN - ETAT du Sénégal portant sur la recherche et le partage de production sur les permis de CAYAR OFFSHORE profond et SAINT LOUIS OFFSHORE a été signé. Le voici. Il est distribué à la presse car comme tous les autres contrats pétroliers, il s’agit de documents publics.

Ce qui est important, comme il en est d’usage dans le secteur, par un acte dénommé « FARMOUT AGREEMENT » (ou accord d’affermage ou de cession de parts), TIMIS CORPORATION qui a eu par la suite à racheter la société chinoise à PETROTIM Limited, a procédé à la cession à KOSMOS ENERGY de 60% de ses droits et obligations de travaux sur les eux permis d’exploration de Cayar Offshore profond et Saint-Louis Offshore profond.

Conformément au code pétrolier, cette cession a été approuvée par arrêté du ministre de tutelle. Ce type d’opération est courant. J’aurai pu évoquer ici les cessions de droits et d’obligations de travaux opérées sur le bloc Sangomar Offshore profond où la compagnie HUNT Oil avait été rejointe par la société australienne FAR, elle-même rejointe par la suite par CAIRN Energy et CONOCO Philipps.

Il faudrait rappeler que les accords d’affermage sont des accords courants dans l’industrie pétrolière et minière qui lient deux compagnies d’exploration, par lesquels les droits de prospection de l’une sont attribués à l’autre, en tout ou en partie, moyennant l’approbation du gouvernement qui a accordé les permis de recherche ;

Le détenteur primitif acceptant de louer son permis et le nouveau détenteur s’engageant généralement à une obligation de travaux, contre une part des bénéfices en cas de découverte.

Dans ce cas précis, TIMIS CORPORATION s’étant engagé à travers le contrat de recherche le liant à PETROSEN à entreprendre des investissements sur les permis de recherche délivrés sur les puits Saint-Louis Offshore Profond et Cayar Offshore Profond, KOSMOS ENERGY s’est substitué à PETROTIM Limited quant à l’obligation de travaux de recherche et s’est engagé dans la poursuite du programme de recherche à hauteur de 250 millions de dollars américains (7.000 km2 de sismique 3D et 2 forages).

TiMIS 100 millions de dollars – KOSMOS/250 millions

En contrepartie de la poursuite de ces importants investissements sans certitude sur les résultats escomptés par KOSMOS ENERGY, la société TIMIS CORPORATION a transféré partie des actifs qu’elle détenait sur lesdits permis (soit 60%) à KOSMOS ENERGY, sans aucune contrepartie financière. Une telle pratique est courante dans l’industrie pétrolière au stade très risqué de la recherche.


Voir en ligne : Le Rassac