Les nouvelles technologies de peinture

Depuis quelques temps la taille des navires ayant considérablement augmentée (dans une proportion inversement proportionnelle à celle des membres de l’équipage), les Armateurs se sont montrés de plus en plus exigeants quant aux performances des peintures qui ont du pallier un manque d’entretien par le bord. D’autre part, par souci d’économie et pour ne pas interrompre l’exploitation, ils ont recherché des inter-carénages de plus en plus long. Enfin, pour économiser sur le poste budgétaire "combustible" de plus en plus lourd depuis les chocs pétroliers des années 70, ils ont favorisé la recherche de peinture auto-polissantes capables de diminuer les consommations.
Les chimistes travaillant pour le compte des fabricants de peintures se sont attelés fermement à la résolution de ces problèmes et ont apporté des solutions performantes.

I ) Les peintures anti-corrosives et de recouvrement
Les peintures de recouvrement traditionnelles à l’huile de lin ne sont plus guère utilisées que pour les coques en bois.
Les peintures anti-corrosives (primaire) traditionnelles comme le minium de plomb et le chromate de zinc ne sont encore appliquées à l’heure actuelle que pour les retouches sur coque ou superstructures.

Ces deux types de peinture ont été remplacés par des composés plastiques comme le "brai-époxy" ou le "brai-vinyl" passés au pistolet en fines couches. Le dernier né de ces produits est une résine de "polyester" chargée d’écailles de verre assurant une bonne barrière chimique contre les corrosions et présentant un aspect très lisse. De plus, il assure une excellente protection anti-chocs et anti-ragage (4 à 5 fois supérieure aux peintures traditionnelles) ce qui est très recherché pour les "exposants de charge".

II ) Les peintures anti-salissure dites anti-fouling
Comme poison l’utilisation de l’arsenic et du mercure est maintenant interdite car considérée comme trop agressive pour l’environnement biologique. Seul est encore autorisé l’oxyde de cuivre qui se décompose à la longue en carbonate de cuivre non toxique. Mais est apparu sur le marché un autre poison, le "biocide" qui se libère par hydrolyse et non plus par dissolution, qui est biodégradable et dont l’efficacité s’étend sur deux années environ.

L’évolution de la peinture elle-même (support du poison) est passée avec le temps, à l’origine de l’huile de lin, puis à la peinture glycérophtalique, puis au caoutchouc chloré, pour en arriver aujourd’hui aux résines copolymères additionnées d’acide gras, ce dernier ayant un effet d’auto-polissage permanent. C’est là l’une des grandes révolutions apportée par ce nouveau produit appelé "anti-fouling auto-polissant longue durée" garanti pour au moins deux ans.

Actuellement les recherches s’orientent vers de nouvelles techniques où l’utilisation de tout poison serait proscrite. L’une d’elle consisterait à empêcher la fixation des salissures par un phénomène purement physique d’ordre anti-adhésif en recouvrant avec du "téflon" (produit qui protège les poêles à frire). L’autre consisterait à reproduire artificiellement l’effet bactéricide qui protège les coraux de toute souillure.
En conclusion, on peut dire que, les chimistes continuant à s’activer, les technologies de pointe mises au point aujourd’hui seront peut-être dépassées demain.