LES MOYENS D’ACCES DES NAVIRES ROULIERS

La vitesse de chargement dépend essentiellement de l’accessibilité du pont garage, de la cale et des ponts supérieurs.
Cette accessibilité dépend elle-même du nombre et des dimensions :
- des (de la) rampes d’accès au pont garage ;
- des rampes intérieures ou des ascenseurs.

LA RAMPE PRINCIPALE ARRIÈRE

Elle peut être de différents types.

La rampe axiale est courte et peut servir de porte étanche en position fermée. A moins d’accoster cul à quai et navire affourché (uniquement dans les ports de faible marnage), ce type de rampe nécessite une installation portuaire spéciale (quai en coin/rampe portuaire). Les Ro-Ro Pax exploités par Cosama SA comme le Navire Aline Sitoé Diatta, Aguene et Diambogne ont des rampes axiales.

Pour contourner ce problème, les rampes obliques ont fait leur apparition. Elles sont plus longues, plus lourdes et imposent la mise en place d’une porte étanche. Cependant, le navire doit toujours accoster du même coté. C’est le cas des navires de Grimaldi Lines entre autres. En position fermée, ce type de rampe se plie en 2 tronçons articulés pour abaisser son centre de gravité et ne pas offrir trop de prise au vent en mer. Cette disposition est nécessaire quand le niveau du quai est au-dessus du niveau du pont garage.

Enfin, la rampe pivotante, qui peut s’orienter à droite ou à gauche de 40°, permet une plus grande souplesse mais elle est très compliquée et fait perdre un poids et un volume important. Elle est donc assez rare.

La largeur des rampes :
La rampe est plus ou moins large selon le type de trafic qu’elle a à supporter (sens unique ou double sens). Une rampe sens unique à environ 7 m de large. Si un chariot à fourches portant un conteneur en travers doit pouvoir croiser sur la rampe un chariot à vide, la rampe atteint 12 m de large. Les rampes obliques peuvent être plus large à l’arrivée sur le pont garage pour permettre à la remorque et à son tracteur de manœuvrer.

La pente :
Cette pente est limitée entre 5 et 8 degrés.
Les limites sont fixées par :

  • le type et la puissance de l‘engin roulant :
  • l’adhérence et la motricité des tracteurs sur la rampe ;
  • le passage pour les remorques des seuils bas (quai/ rampe et rampe/ pont garage) et haut (entrée du garage) :
  • le type de rampe.

La longueur de rampe :
Elle est calculée en fonction de la pente limite et de la dénivellation entre le quai et le pont garage. Une rampe oblique peut atteindre 50 m pour pouvoir reposer sur le quai. La rampe axiale a une longueur plus modeste (10/15 m).

La pression sur le quai :
Elle est en général limitée à 2 tonnes par m². Cette limite impose qu’une partie des rampes les plus lourdes (300 tonnes) soit supportée par la structure arrière du navire par l’intermédiaire de câbles enroulés sur des treuils hydrauliques automatiques. Les rampes articulées sont également équipées de vérins hydrauliques. Cet appareillage sert aussi à la fermeture et à l’ouverture de la rampe.
La manoeuvre d’ouverture ou de fermeture dure jusqu’à 20 minutes pour les rampes articulées.

La torsion de la rampe est limitée à 5 degrés (selon constructeur) et donc la gîte du navire doit rester en deçà de cette limite.

La charge limite (CMU) : elle est donnée par le constructeur (de 50 à 400 tonnes).

La rampe d’étrave

On trouve ce type de rampe sur les transbordeurs, en complément de la rampe arrière. La rampe avant pose des problèmes de structures et d’étanchéité plus complexes que pour la rampes arrière. Il faut en effet prévoir, outre une porte étanche efficace, une étrave “ouvrable” ou “levable” dans une partie du navire qui subit d’énormes contraintes à la mer.
La rampe d’étrave est, en mer, arrimée à l’intérieur du navire.

La rampe latérale

Située sur le bordé de muraille, elle donne souvent accès à un pont supérieur au pont principal. Elle est de taille très variable. Son usage est toutefois limité aux marchandises de taille et de poids limités. Elle équipe la plupart des voituriers.

Les accès intérieurs

Deux solutions : les rampes ou les ascenseurs.
Les rampes internes
Ce sont des rampes mobiles ou non sont disposées entre différents ponts du navire. En position de repos, les rampes mobiles sont intégrées au pont inférieur, un panneau étanche pivotant permet de retrouver l’intégrité et l’étanchéité du pont supérieur.
Sur certains navires, des rampes "multifonction" permettent l’accès à plusieurs niveaux.
Les ascenseurs (ou les monte-charges)
Ils prennent moins de place que les rampes fixes mais interrompent le flot de la manutention. Ils sont manoeuvrés par des câbles, des chaînes ou des vérins. En position de repos ils sont intégrés à un des ponts.
Limites maximales d’utilisation :

  • une gîte de l’ordre de 3° :
  • la charge maximale utile (CMU).

Enfin, le pont supérieur peut être équipé de panneaux de cale “flush-deck”, prévus pour une manutention verticale.