Naufrage du septième armateur mondial Hanjin Shipping

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Hanjin Shipping, le premier armateur sud-coréen, numéro sept mondial, lâché par les banques. La crise du transport maritime, décidément, s’aggrave. Toutes les grandes compagnies maritimes encaissent de mauvais résultats au deuxième trimestre, que ce soit le Danois Maersk, le Français CMA-CGM, l’Allemand Hapag ou le Sud-Africain Gringrod.

Pourtant le commerce mondial s’effectue à 80% par les mers et il continue de croître mais de moins de 3% par an, deux fois moins vite qu’au milieu des années 2000. C’était d’ailleurs le sujet d’inquiétude des pays du G20 réunis à Hangzhou. Impossible alors de rentabiliser des flottes devenues gigantesques, parce que les armateurs ont commandé trop de bateaux il y a dix ans, au pic de la croissance des échanges. Il y aurait un tiers de navires en excès et les armateurs tardent à envoyer les plus anciens à la casse parce que le prix de la ferraille a dans le même temps chuté.

Cet excédent de bateaux continue d’encombrer les flottes des compagnies et il empêche les prix du fret de rebondir. On peut louer un conteneur pour envoyer des marchandises de l’Asie vers l’Europe pour moins de 600 dollars, la moitié du prix de 2014, mais le coût réel pour l’armateur est de 1400 dollars. Du côté des vraquiers, « il est en ce moment impossible d’amortir les frais d’un géant des mers fabriqué pour économiser du carburant lorsqu’il était hors de prix mais dont la soute devait être louée trois fois plus cher pour être rentable », explique un courtier joint au téléphone.

La faillite de l’armateur sud-coréen crée certes une pénurie passagère de porte-conteneurs, ce qui fait un peu rebondir les tarifs du fret depuis quelques jours, mais rien par rapport à ce que devraient être les prix en cette fin de troisième trimestre, où le commerce reprend vigoureusement, comme tous les ans.

Les armateurs, quand ils ne font pas faillite comme Hanjin, cherchent à faire le plus d’économies possibles y compris sur la sécurité des marins et leurs conditions de travail, observe la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF). Certains équipages asiatiques ne sont même plus payés depuis des mois.


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